Comment devient-on
manager ?
Je me suis souvent posé cette question et j’en suis venu à
la conclusion qu’il y a deux réponses possibles.
Tout d’abord il y a un chemin
classique en sortant d’une école de management. Dans ce cas-là il s’agit souvent
d’un choix et on sort de la formation avec des compétences théoriques et
souvent des stages pratiques donnant une expérience de terrain. Attention,
malgré tout, il reste encore plein de
choses à apprendre.
Je fais partie de la seconde catégorie,
ceux qui ont appris sur le tas. Dans la seconde catégorie, tu en viens à gérer
une équipe car, à un moment donné de ta carrière, tu as une compétence technique qui
peut être utile, mais tu n'as aucune idée du métier de manager.
Je suis convaincu qu’il y a énormément
de managers, de chefs d’équipes, de responsables de service dans le même cas que
moi. Vous savez, ces fameux N+1 ! Ceux qui sont souvent pris entre deux
feux. D’un coté une équipe qu’on souhaite accompagner au mieux et de l’autre une
direction plus lointaine qui réagit avec plus de distance.
Et au milieu, il y a ce responsable
qui n’a souvent pas reçu de formation et qui doit faire de son mieux. Alors
comment fait-il ?
Il essaye, il se
trompe, il recommence, il apprend.
Ce que doivent comprendre les entreprises,
c’est qu’ils doivent accompagner ces premiers managers, ceux qui tous les jours
sont en direct avec leurs équipes. Malheureusement, ces managers sont souvent seuls, livrés
à leur bon sens, ou pas ; à leur bienveillance ou pas ; à leur
leadership ou pas.
Bien sûr, certains possèdent déjà ces
qualités pour être un bon manager mais ce n'est pas évident pour tous les responsables.
Certaines entreprises, à mon sens, n’ont
pas encore compris qu’en accompagnant, qu’en formant ces premiers managers cela
va avoir une répercussion sur un maximum de personnes. C’est un investissement nécessaire
qui permettra au manager de gagner en compétence et d'améliorer le bien être et la performance de tous les salariés.
Former aujourd'hui c'est investir pour demain dans l'Humain.
Je suis persuadé que les managers
ont envie de bien faire leur travail mais parfois il leur manque des
compétences. Ce qui est normal. On peut être le meilleur dans son domaine d’expertise
et ne pas être un bon chef d’équipe, ce n’est tout simplement pas le même métier.
Les compétences nécessaires ne sont pas les mêmes.
Je fais encore un parallèle avec
le sport, ce n’est pas toujours le meilleur joueur qui fera le meilleur manager,
le meilleur meneur d’hommes. Le bon joueur peut avoir les connaissances
techniques, tactiques mais ce n’est pas suffisant pour être un bon coach. Je peux
vous citer Maradona, Giresse ou encore Papin qui ont connu du succès en tant que
joueur mais qui n’ont pas montré de capacités suffisantes pour être coach au
plus haut niveau. En contre exemple vous pouvez me citer Zidane qui a aujourd'hui de très bons résultats en tant qu'entraineur. Mais Zidane a pris le temps d'apprendre, de se former, d'observer et d'expérimenter avec une équipe réserve avant de se lancer dans le grand bain. Le Réal de Madrid a compris qu'en mettant son entraineur dans les meilleures conditions les résultats de l'équipe seraient bien meilleurs. Et résultat, 3 ligues des champions consécutives.
Pour être un bon manager, il faut
des qualités en communication, en gestion de conflit, en accompagnement, en
leadership. Il faut aussi savoir mener des réunions, faire des comptes rendus,
mener des entretiens individuels. Alors une fois que nous avons dit que beaucoup
de managers se retrouvent seul face à ces nouvelles missions, que faire ?
Je vais vous donner un conseil qui
a été très impactant pour moi et mon parcours. Et ce conseil, il me vient de la
série Kaamelott et plus précisément la saison 6. Pour les connaisseurs c’est la
saison initiale dans l’histoire, celle ou on découvre comment
Arthur, jeune de la milice urbaine à Rome devient Roi de Bretagne.
Dans cette saison, le jeune
Arthur gravit très rapidement les échelons et devient Dux Bellerom, chef de
guerre et rencontre donc le grand Jules César. Arthur lui dit qu’il ne
sait pas comment être chef.
Et là, Jules César lui donne un
conseil qui m’a énormément servi. Il lui dit de faire semblant d’être chef.
FAIS SEMBLANT D’ÊTRE CHEF, UN JOUR TU ARRÊTERAS DE FAIRE SEMBLANT.
Vous allez me dire mais quel
conseil bizarre, faire semblant, a quoi ça sert ? Il lui dit aussi qu’à force de faire semblant, un jour sans s’en apercevoir, il arrêtera de faire semblant.
Cette saison de Kaamelott est sortie l’année où j’ai pris mon premier poste de
chef et me sentant un peu seul face à mes difficultés j’ai appliqué ce conseil.
J’ai fait semblant, semblant d’animer
des réunions, semblant des trouver des partenaires, semblant de trouver des solutions.
Et un jour comme dans le conseil de Jules César, sans m’en apercevoir, j’ai arrêté
de faire semblant. Je donne souvent ce conseil aux jeunes qui veulent apprendre et qui commencent à avoir des responsabilités. Ils vont faire par mimétisme, par conviction, par bon sens. ils vont, par ce biais, se construire en tant que responsables.
Alors bien sûr, je me suis trompé,
bien sûr, j’ai fait des erreurs mais j’ai toujours essayé, je n’ai jamais fait
dans la facilité. C'est comme cela que j'ai et que je continue de développer mes compétences de manager que je souhaite partager avec vous.
A vous, managers débutants, manquant
de confiance et d’accompagnement, lancez-vous, donnez le meilleur, vous allez
vous tromper, vous aller progresser et un jour vous ne ferez plus semblant
d’être chef.
Capuche jaune
Très juste on voit l'homme d'expérience
RépondreSupprimerMerci pour le commentaire
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