dimanche 10 mai 2020

Le bonheur d'échouer



Et si c’était si simple ! On nous a répété durant toute notre vie qu’on n’avait pas le droit de se tromper, pas le droit d’avoir tort, qu’échouer était grave. 

Et si c’était si simple ! Ne faut-il pas considérer chaque échec comme un apprentissage, comme une simple marche pour progresser.

Et si c’était si simple ! Et si l’échec était une chance, une chance de croire en ses rêves, de viser toujours plus haut, de toucher les étoiles. 

Il y a peu j'ai découvert un livre, "les vertus de l'échec". Intrigué par ce titre je me lance vite dans sa lecture. Rapidement, je découvre que l’échec est abordé sous différents angles, et comme son titre l’indique l'auteur nous démontre ses nombreuses vertus.  On y apprend les nombreux échecs de Charles de Gaulles, de Steve jobs, ou encore les passages à vide de John Travolta. Bref on y apprend simplement que la meilleure façon de réussir et de s’être déjà trompé. 
 
Pour démontrer cela je fais de nouveau un parallèle avec le monde du sport. Je vais vous parler du judo. Ce sport vous apprend en premier à perdre. En effet, quand vous commencez à pratiquer le judo vos premières leçons seront consacrées à l’apprentissage de la chute. On vous apprend à tomber à terre, avec souplesse et sans se crisper. On considère que si on tombe c’est que notre adversaire à réussir une prise. Mais une fois à terre on va apprendre, apprendre une nouvelle prise, apprendre une nouvelle façon de la contrer. A chaque fois qu’on perd au judo on se relève plus fort, plus aguerri.

L’échec comme source d’humilité !

Les échecs nous rendent plus humbles, et cette humilité plus sages, propice à l’apprentissage. Celui qui n’a jamais perdu à l’impression de ne rien avoir à apprendre. Et, le judo est une très belle manière de développer de l’humilité. Pour continuer à parler du judo, je prends un exemple récent. Et en même temps je vais imaginer le futur et je vais donc prendre un risque. Le risque de me tromper et ainsi d’apprendre en toute humilité. 

Je vais vous parler de teddy Riner, célèbre judoka français, et du 9 février 2020. A cette date, sur les tatamis du tournoi de Paris, teddy Riner est tombé, il a perdu un combat pour la première fois depuis 9 ans et 154 victoires consécutives. A quelques mois des jeux olympiques cette défaite sonne comme une véritable victoire. Cette défaite va lui permettre d’apprendre que s’il n’est pas à son meilleur niveau il sera battu. Cette défaite va lui rappeler que seul le travail amène les victoires. Cette défaite va lui permettre de trouver en lui la motivation nécessaire pour s’entrainer dur chaque jour. Et je vous prédis aujourd’hui, 10 mai 2020, que teddy Riner sera champion olympique en 2021 et ce sera, à mon sens, en grande partie à cette défaite du 9 février 2020. 


Après ce premier exemple, je souhaite aborder l’échec sous un nouvel angle, sa valorisation. Depuis que nous sommes enfants on nous encourage à ne pas nous tromper, à ne pas tomber du vélo, à ne pas faire de fautes d’orthographe. Dans notre idéal français, l’échec est vécu comme une souffrance, comme une culpabilité. Dans le domaine scolaire, on met toujours en avant la mauvaise note, le mauvais comportement. Un élève doué en dessin, en musique ou bien en histoire, et ayant plus de difficulté en mathématique par exemple sera invité par son conseil des maitres à redoubler d’effort dans ses matières plus faibles. 

Pourquoi ? 

Pour que nous soyons tous moyens. Pourquoi ne pas l’encourager dans ses champs de compétences? Pourquoi ne pas lui dire qu’il à le droit de se tromper, que ce comme ça qu’il va progresser, que c’est grâce à cela qu’il prendra confiance en lui? Pourquoi chaque erreur est sanctionnée d’une mauvaise note? Pourquoi nos erreurs sont elles si stigmatisantes? Pourquoi des professeurs continue encore de rendre leurs copies en commençant par la meilleure note en en descendant jusqu’à la plus mauvaise? S’est-il demandé ce que ressent le dernier élève qui reçoit sa copie? Oui je sais ça fait beaucoup de questions et peu de réponses😉! Notre enseignement parvient à nous persuader que si on est mauvais en mathématique ou en français on sera forcement le dernier de quelque chose. Mais le dernier de quoi. 

L’échec comme source d’apprentissage !

Dans la culture anglo-saxonne, et dans les pays nordiques les élèves sont invités à se tromper et donc à apprendre. Dans ces pays-là, on perçoit l’échec comme un gage de réussite pour la suite. On estime que quelqu’un qui aura échoué jeune c’est quelqu’un qui fait preuve de courage, d’audace, et qui par apprentissage de ses erreurs sera plus à mêmes de réussir par la suite. 

On appelle ce phénomène le « fail fast, learn fast » qu’on pourrait traduire par « échouer vite, apprendre vite ».  Et vous, rappelez vous de vos copains premiers de la classe, ont-il mieux « réussi » que vous ? Ne connaissez vous pas quelqu’un qui était en échec scolaire et qui est aujourd’hui un chef d’entreprise ? Et vous, vous ne vous êtes jamais trompé ?


Alors si vous êtes aujourd’hui professeur, coach, manager pensez-y, valoriser les échecs de vos élèves, de vos sportifs, de vos équipes. Car l’échec c’est juste une partie du chemin et notre rôle de les accompagner sur tout le parcours.

Pour les personnes que j’ai pu intriguer ou intéresser avec cet article je vous invite à entreprendre la lecture du livre : « Les vertus de l’échec » de Charles Pépin, philosophe français. Il n’y a pas mieux pour reprendre confiance en nos erreurs passées. 

Je termine en citant un sportif que j’adore, Mr Michael Jordan ; « j’ai raté 900 tirs dans ma carrière, j’ai perdu presque 300 matchs. 26 fois on m’a fait confiance pour prendre le tir de la victoire et je l’ai manqué. J’ai échoué encore et encore dans ma vie. Et c’est pourquoi j’ai réussi ».

Capuche jaune

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